FSALE

14 avril 1863 : un important convoi quitte Veracruz ; à cette date commence le chargement, à bord du chemin de fer Veracruz-la Tejeria, du matériel que les charrettes et les mulets doivent ensuite transporter de La Tejeria vers Puebla. Trois millions en or sont destinés au commandant en chef. Le chargement comprend des canons lourds avec leurs affûts, des fusils et des munitions, des vivres et des médicaments destinés aux assiégeants. Les deux compagnies qui escortent le convoi, sous les ordres des capitaines Ballue et Cabossel, appartiennent au Régiment Etranger.

 

15 avril 1863 : le général Forey envoie le bataillon de contre-guérilla, commandé par le colonel Dupin, patrouiller de part et d’autre de la voie ferrée et de la piste, de la Vera Cruz à la Soledad. Cette troupe a une réputation de redoutable efficacité mais le colonel passe pour un chef de guerre sans états d’âme.

  • Lorsque le convoi passe à la Loma sur le lieu même d’un massacre du 6 avril, les cadavres sont déjà enlevés et des ouvriers commencent à réparer les bâtiments.

  • Le moral de l’escorte est à ce moment moins mauvais car elle sait que le bataillon de contre-guérilla patrouille dans le secteur.

 

16 avril 1863 : Le Q.G. des troupes régulières mexicaines est informé de cette opération. Ce Q.G. se trouve à Jalapa, à 50 kilomètres au Nord-ouest de Veracruz. Les Mexicains apprennent en même temps le chargement du convoi.

  • Une force est mise à la disposition du colonel Francesco de Paula Milan pour intercepter le convoi par le général Comonfort, commandant en chef de l’armée juariste : 800 cavaliers, dont 500 réguliers et 300 hommes des escadrons irréguliers, et plus de 1 000 fantassins de la garde nationale fournis par trois bataillons d’infanterie régulière (Jalapa, Veracruz, Cordoba). Le colonel Milan promet au général Ortega, intrépide défenseur de Puebla, de tout enlever.

  • Les hommes du colonel Milan campent sur les rives de la Joya, à huit kilomètres de la route que suivent les colonnes françaises, derrière des ravins et des forêts qu’ils connaissent à fond.

 

      • La Légion avait pour mission d’assurer, sur cent vingt kilomètres, la circulation et la sécurité des convois.

      • Le colonel Jeanningros, qui commandait, apprend, le 29 avril 1863, qu’un gros convoi emportant trois millions en numéraire, du matériel de siège et des munitions,

      • Son arrivée est déterminante pour le siège qui piétine depuis un an.

      • La Légion doit en assurer la protection jusqu’à Chiquihuite.

      • Le Chiquihuite est une montagne couverte d’une épaisse forêt aux grands arbres, habitée par des serpents et des chats-tigres, mais aussi égayée et embellie par des oiseaux aux éblouissants et riches plumages, par des papillons aux splendides couleurs. Un torrent profondément creusé, largement ouvert, comme tout ce qui s’est fait jour dans les plaines et les montagnes du nouveau Monde, s’échappe du Chiquihuite et coule assez longtemps à ses pieds. De la rive droite, un pont en pierre donnait accès sur la rive gauche, adossée à la montagne. Les Mexicains l’ont fait sauter. Les Français ont du le remplacer par un pont en bois.

      • Le Chiquihuite sépare les Terres-Chaudes des Terres-Tempérées ; il se trouve sur la route de Véra-Cruz à Cordoba. C’est là qu’est établi le colonel Jeanningros, avec quelques compagnies de son Régiment Etranger. Les autres compagnies sont échelonnées, de la Soledad à la mer. Dans ces mêmes Terres-chaudes, à Paso-del-Macho, une compagnie de grenadiers est commandée par le capitaine Saussier.

      • Le colonel Jeanningros apprend d’une jeune Mexicaine que le colonel Milan se propose d’attaquer le convoi à son passage à Palo Verde.

      • Le chef de bataillon Regnault, commandant le 1er Bataillon, propose de laisser la 3e compagnie pour garder les ponts, et de partir avec les deux autres compagnies qui sont à effectifs presque pleins. Le capitaine Danjou propose d’envoyer en reconnaissance de piste la 3e compagnie, dont c’est le tour de marcher, afin de conserver un fort contingent pour assurer la protection du site de Chiquihuite. Cette deuxième solution est finalement retenue par le colonel Jeanningros.

      • Le capitaine Danjou, adjudant-major, le décida à envoyer au-devant du convoi, une compagnie. La 3e compagnie du Régiment Etranger fut désignée mais elle n’avait pas d’officiers disponibles. Le capitaine Danjou en prend lui-même le commandement et les sous-lieutenants Maudet, porte-drapeau, et Vilain, payeur, se joignent à lui volontairement.

      • C’est l’insécurité qui règne dans ce secteur imparti à la Légion qui incite le colonel à envoyer à la rencontre de ce convoi une compagnie de marche. La 3e compagnie est disponible ; mais elle n’a qu’un officier valide. Le capitaine Cazes, blessé lors de l’embarquement à Mers-el-Kébir, tout juste remis, est laissé au commandement de la place de Medellin (à quelques kilomètres de la Vera Cruz), et son adjoint, le lieutenant Gans est atteint de paludisme. Le seul officier valide est le sous-lieutenant Vilain, déjà inscrit sur les listes de la 3e compagnie, trop jeune pour lui confier la compagnie ; il est également par intérim officier payeur du Régiment. Alors le capitaine Danjou, adjudant-major du Régiment, et deux autres officiers administratifs, les sous-lieutenants Maudet, porte-drapeau, et Vilain, officier payeur, sont volontaires pour encadrer la compagnie qui n’aligne que 63 hommes sur les rangs, dont 5 sous-officiers et 6 caporaux, les autres sont terrassés par les fièvres ou le vomito négro.

      • Le colonel fixe la mission de la 3e compagnie : gagner Palo Verde, à 25 kilomètres de Chiquihuite ; là, explorer les alentours dans un rayon de trois kilomètres ; revenir vers Chiquihuite, en battant le terrain de chaque côté de la route. L’objectif est de déceler les embuscades éventuelles des Mexicains, l’escorte devant suffire pour une défense rapprochée.

      • Le capitaine Danjou demande au sergent-major Tonnel de faire relever sur le champ une équipe de huit hommes, sous les ordres du sergent Germeys et du caporal Maine, de garde au poste de guet qui assure la liaison optique avec Paso del Macho.

      • Cinq heures plus tard, la compagnie est rassemblée sur la piste, à la naissance des alignements de tentes. Fin prête pour la présentation par le sergent-major à son capitaine occasionnel. Au poing des quatre sergents, des quinquets jettent une lumière chiche sur les silhouettes des légionnaires rangés au garde-à-vous. L’acier des fusils, du modèle 1857 perçu depuis la campagne d’Italie, brille doucement le long des vestes de drap bleu, les canons barrant les épaulettes vertes à tournantes garance des fusiliers ; le sabre-baïonnette est accroché au ceinturon, sous la basque de la tunique ouverte.

      • Le 30 avril, à une heure du matin, la 3e compagnie, forte de trois officiers et soixante-deux hommes, se met en route.

      • Les nationalités sont diversifiées : les trois officiers sont Français ; deux sous-officiers sont Français, deux Belges, un Suisse ; trois caporaux sont Français, un Suisse, un Autrichien, un Allemand ; c’est plus diversifié chez les légionnaires : seize Allemands, onze Belges, sept Suisses, sept Français, un Autrichien, un Danois, un Espagnol, un Italien, un Polonais, deux Néerlandais. Quatre sont d’une nationalité non connue.

      • Les hommes du rang forment une troupe jeune : Pharaon Van Bulcke et Jean-Louis Timmermans n’ont pas 18 ans. Les deux plus âgés, Geoffroy Wensel et Frédéric Fritz sont des ‘’vieux soldats’’. Un tiers a fait la guerre de Crimée ou la campagne d’Italie.

      • Le sergent Palmaert, avec le sous-lieutenant Vilain et l’escouade du caporal Pinzinger, en tête de la colonne, devant le capitaine Danjou ; le tambour Laï juste derrière le capitaine avec le sous-lieutenant Maudet ; le sergent-major Tonnel en serre-file.

      • Tous à pied car le corps expéditionnaire manque de chevaux. Deux mulets sont chargés du nécessaire de l’expédition : matériel de campement, munitions, vivres et plusieurs grands bidons remplis d’eau. Le cheval du capitaine, emmené de Sidi-Bel-Abbès, signe de son grade, suit mené à la bride par son arriero palefrenier José Dominguez ; mais le capitaine tient à marcher à pied avec ses hommes.

      • Une heure plus tard, la compagnie arrive au bord de la barranca de Cotastla. Elle la traverse sur un pont d’une seule arche, bâti par les Espagnols. Elle se présente aux sentinelles de la compagnie Saussier qui font bonne garde. Et la voici à Paso-del-Macho.

      • Elle fait la pause réglementaire au lieu-dit Paso del Macho, où cantonnent leurs camarades de la compagnie du capitaine Saussier. Le capitaine Saussier propose au capitaine Danjou de lui prêter en renfort une section de grenadiers. ‘’Merci, c’est inutile’’ dit Danjou. ‘’Envoyez-les seulement, si vous entendez des coups de feu’’. Saussier se promet de faire tenir prêts, dès le jour, une trentaine de grenadiers. Au premier coup de feu entendu, il les emmènerait lui-même au canon.

      • Depuis son départ de La Vera Cruz, le convoi français n’est pas passé inaperçu ; les Mexicains ont des espions partout. Le colonel Milan en connaît la valeur. Les pièces d’artillerie, les 3 millions d’or l’intéressent au plus haut point.

      • Un peu plus tard, la 3e compagnie repart. Dès son départ, elle est suivie par des cavaliers mexicains. De son campement, le colonel Milan suit à la fois la progression du convoi parti de la Soledad et celle de la compagnie du capitaine Danjou. Une centaine de cavaliers suivent discrètement cette compagnie, pour lui faire part de ses mouvements et, si l’occasion s’en présente, pour la détruire.

      • ’C’est cette troupe qu’il faut d’abord anéantir, décide-t-il. Sinon elle nous tombera sur le dos quand nous attaquerons le convoi’’. Le commandant Jiménez, avec le maximum de cavaliers, doit prendre à sa charge la réduction de cette troupe, d’effectif si réduit qu’il pourrait bien s’agir d’un piège. Il devra fixer ces gêneurs et si possible, les anéantir.

      • Les légionnaires de la 3e compagnie ne sont pas mécontents de cheminer de nuit. Ils évitent la chaleur moite du jour. Mais ils ne se doutent pas qu’ils sont épiés. Tous leurs mouvements sont observés. Des émissaires en avertissent le colonel Milan.

      • A cinq heures du matin, le jour se lève. La 3e compagnie passe devant les ruines d’un petit hameau appelé Camaron. Le hameau aux masures vides et délabrées est abandonné. Il ne reste que les ruines des vastes bâtiments qui servaient d’hôtel aux diligences allant de Véra-Cruz à Mexico, l’hacienda de Trinidad. Le ruisseau proche est riche en écrevisses (Camaron).

      • Le capitaine change de dispositif : Maudet au sud de la piste jusqu’à Palo Verde, Vilain au nord, en fouillant sommairement le terrain jusqu’aux grands couverts, Tonnel, avec les mulets et le cheval du capitaine, et l’escouade du caporal Magnin progressant sur la route avec le capitaine.

      • Au nord comme au sud, Vilain et Maudet et leurs escouades entament avec ardeur leur avance vers Palo Verde. Ils marchent en terrain boisé, à peu près plat, sans trop de difficultés de progression. De temps à autre, un fourrageur se perd dans un fourré dont il doit s’extirper en se taillant une issue à coups de tranchant de baïonnette.

      • Les anciens, les vieux durs à cuire, Wensel l’ancêtre, le caporal Maine et le sergent Morzycki, au nord de la piste, sentent la présence ennemie dans tous leurs os.

      • Poursuivant sa route, la 3e compagnie arrive à Palo Verde, avec ralliement au point d’eau.

      • Elle avait parcouru environ vingt kilomètres, quand, à 7 heures du matin, elle s’arrête à Palo Verde pour faire le café.

      • A Palo Verde, hameau lui aussi abandonné, coule un ruisseau à l’eau limpide : une aubaine. Toutes les dispositions sont prises pour se garder d’un coup de main de la part d’un ennemi qui apparaît subitement comme s’il sort de terre : le caporal Magnin reste sous les armes avec son escouade et se porte sur la berge est de la mare. Germeys et Palmaert au sud, Morzycki et Schaffner au nord, désignent des vedettes, qui se tapissent dans les lisières pour éviter les surprises. Les sentinelles sont à leur poste. Les gamelles sont sur le feu.

      • A sept heures et demie, les sentinelles de l’escouade du caporal Del Caretto aperçoivent de gros tourbillons de poussière, signalant l’avant-garde des cavaliers de don Hilario Pisario, les lanciers réguliers de l’escadron de Cotaxla, aux ordres de don Juan Osario, partis de leur garnison de Cueva Pintada. ‘’Aux armes’’. Furbasz, Catteau et Bogucki se précipitent sur leurs armes. Le légionnaire Van Den Bulke arrive au galop à proximité du hangar P.C. pour informer le capitaine. Les marmites sont renversées. Les légionnaires ne boivent pas le café.

      • L’ennemi disparaît. Le capitaine Danjou, toujours avec son génie de stratégiste, a divisé sa troupe en deux sections à demi-distance. En avant, marchent les tirailleurs, l’oreille tendue, le regard plongeant dans les ténèbres de la forêt. La Troisième avance avec Morzycki, Maine et son escouade en ouverture, suivis au plus près par le capitaine, Tonnel, les deux mulets et le cheval, puis Maudet et Vilain avec le reste de la compagnie.

      • La 3e compagnie se trouve presque instantanément sur pied et en armes, baïonnette au canon. Le capitaine Danjou décide de suivre les cavaliers vers le Nord. Il se dirige vers la forêt et se trouve à une faible distance de la Joya. Mais il comprend qu’il dirige sa compagnie, droit sur le camp du colonel Milan. Il change de direction ; il décide de se replier sur les ruines de Camaron, afin de pouvoir y résister.

      • ‘’Mes enfants ! revenons sur l’hacienda. Là nous amuserons l’ennemi. Il sera détourné de ses projets, tout au moins il sera retardé. En attendant, qui sait… !’’

      • A peine les légionnaires sont sur la route qu’une balle blesse le légionnaire Conrad d’une balle dans la hanche. Constantin aide son camarade. A pas de course, la compagnie arrive à l’entrée du village, en se partageant en deux sections qui se rejoignent à l’autre extrémité, c'est-à-dire à l’ouest. Pas un seul Mexicain en vue.

      • Les Mexicains sont allés au sud de l’hacienda de Trinidad, derrière les taillis.

      • Avec prudence, le capitaine Danjou fait aborder l’hacienda ; les légionnaires de l’escouade du caporal Favas inspectent les cases et les maisons, puis les masures un peu plus éloignées : Merlet et Timmermans dans la cour, le hangar et le mur de droite, Verjus, les éboulis dans la brèche d’en face, Baas et Langmeier avec le caporal dans la grande baraque. Après une halte d’un quart d’heure environ, la petite colonne se remet en marche, toujours sur le qui-vive. Brusquement, sur une éminence, au sud de la route, les cavaliers réapparaissent, se disposant à pousser une charge sur les Français marchant dans la plaine.

      • Les légionnaires sont épiés depuis le lever du jour par le peloton de reconnaissance des lanciers d’Orizaba commandé par le lieutenant Anastasio Jiménez.

      • A ce moment, l’ennemi se dévoile et le combat s’engage aussitôt. Le capitaine Danjou fait former le carré et, tout en battant en retraite, repousse victorieusement plusieurs charges de cavalerie, en infligeant à l’ennemi des premières pertes sévères.

      • Lors de la première charge, les légionnaires forment un carré. Les Mexicains, deux à trois cents cavaliers, ont trois cents mètres à parcourir. Ils ont enfilé leur veste de cuir et brandissent au poing leur arme nue. Ils commencent à descendre la pente au petit trot en se séparant en deux colonnes dans l’intention de prendre en tenaille le carré des Français immobiles. Le tambour de Laï bat la charge avec vigueur. La ligne des cavaliers semble flotter, quelques secondes, et même entamer un léger repli. Mais au centre, un officier chamarré comme un maréchal d’Empire, le chef d’escadron Jiménez des lanciers d’Orizaba, lève le bras. Le recul des Mexicains s’arrête et ils commencent à descendre au tout petit trot de leur position. Parvenus à une centaine de mètres, les Mexicains chargent ; soudain au galop, lances et sabres brandis, vociférant. Les Français ne bougent toujours pas. A soixante pas, les légionnaires du premier rang, les durs du sergent Morzycki dont l’escouade du caporal Maine, avec Bertolotto et Constantin, ouvrent le feu. Leur feu de salve éclate, terriblement ajustée. La tempête semble virer de bord. L’attaque est brisée. Les premiers rangs des hommes et des chevaux atteints forment un obstacle pour ce qui suit. La deuxième vague, perturbée par les chevaux blessés de la première vague, est cueillie par le tir des légionnaires des deuxième et troisième rangs. Les légionnaires continuent à tirer calmement, ajustant leurs victimes. Les Français n’ont aucune perte mais ils ont perdu leurs deux mulets, que leurs arrieros n’ont pas pu maîtriser, chargés de munitions et de vivres, y compris l’eau. Tués ou blessés, les Mexicains perdent une quarantaine d’hommes au premier choc.

      • Les arrieros, muletiers mexicains, des non combattants, disparaissent à la formation du deuxième carré ou lors du repli sur l’hacienda. Ont-ils ralliés les troupes du colonel Milan. Ont-ils échappés à de possibles représailles ? Is ne sont cités dans aucun document.

      • A cause du vent contraire, le capitaine Saussier n’a aucun écho de la fusillade.

      • Profitant de ce répit, la 3e compagnie fonce sur le hameau. Ils se portent de l’autre côté de la route, sur un point culminant, derrière un talus broussailleux doublé d’une haie de cactus. Les Français reforment le carré à l’abri de cette défense naturelle.

      • Le colonel Milan ordonne une nouvelle charge mais l’escadron est lent à se reformer ; des cavaliers et des chevaux sont blessés ; les Mexicains craignent une nouvelle charge contre les Français abrités ; il faut escalader un talus et sauter une haie de cactus. Un détachement occupe l’hacienda en même temps que la nouvelle charge est lancée sur le carré français. Au signal du chef d’escadron Jiménez, les Mexicains partent au galop, droit sur les groupes de Germeys et Palmaert, en longeant le mur sud du Corral. Cette fois Danjou attend la dernière seconde pour crier : ‘’Feu à volonté !’’ La charge est molle ; de nombreux chevaux se dérobent devant la haie de cactus et des Mexicains tombent comme au jeu de massacre sous le feu roulant des Français. Les légionnaires de Danjou prennent le temps de viser. Lors de cette deuxième charge, les cavaliers sont à peine une quinzaine à quitter leur selle. Le gros des cavaliers piétine quelques minutes durant sous le feu des légionnaires. Une deuxième puis une troisième hécatombe leur coûte au moins autant de monde que cette deuxième charge.

      • Après la deuxième charge et les feux de salve, la 3e compagnie contre-attaque, à la baïonnette ; toutes les poitrines jettent le même cri qui traverse la plaine ‘’Vive la France !’’ ‘’Vive l’Empereur !’’ ; la cavalerie, terrifiée par les éclairs des baïonnettes et la furie de la course, s’enfuit dans le plus grand désordre ; la 3e compagnie fonce sur l’hacienda, entourée par les Mexicains qui l’occupent en partie, notamment des chambres du bâtiment situé le long de la route. Mais des coups de carabine, tirés par des cavaliers arrêtés de l’autre côté des cactus, touchent quelques légionnaires. Jean Guillaume Reuss et Charles Dubois, tués net, s’affaissent les premiers. Fritz et Friedrich, deux Poméraniens dont la tête dépasse de l’alignement sont blessés l’un après l’autre par le même tireur, tous deux par une balle dans l’épaule. Mais l’engagement s’arrête.

      • L’hacienda est un assez large ensemble. L’hacienda elle-même est un bâtiment à un étage accolé à la route. Derrière, un vaste enclos carré, le corral, espèce de caravansérail mexicain, de cinquante mètres de côté. Ce corral, destiné à héberger les bêtes et les véhicules, est clos par un mur d’enceinte, percé de deux ouvertures principales, qui par endroits soutient des hangars et appentis. Tous ces bâtiments sont en piteux état. Du matériel divers, de vieux madriers traînent de-ci de-là. Ils serviront aux légionnaires pour clore jusqu’à un certain point les deux grandes portes qui donnent sur la cour.

      • Arrivé à hauteur de l’auberge de Camerone, vaste bâtisse comportant une cour entourée d’un mur de trois mètres de haut, il décide de s’y retrancher, pour fixer l’ennemi et retarder ainsi le plus possible le moment où celui-ci pourra attaquer le convoi.

      • ‘’Tout le monde à l’hacienda’’ crie le capitaine Danjou. Enlevés par leurs gradés, transcendés par le rythme des battements du tambour Laï, les soixante hommes de la 3e se lancent dans cette course de 200 mètres, le long de la haie, vers les hauts murs du corral. Le carré est rompu, mais les légionnaires restent soudés comme un poing, l’arme haute, la baïonnette menaçante, portant leurs trois blessés, Conrad, Fritz et Friedrich et ramenant les corps de deux légionnaires tués, Charles Dubois et Jean Guillaume Reuss.

      • Des cavaliers mexicains, envoyés en renfort par le colonel Milan, ont eu la mission d’occuper les locaux avant les légionnaires. Mais ils n’ont pas terminé leur installation. Certains occupent déjà le bas de l’hacienda. Mais une pièce est encore libre. Quelques légionnaires s’y installent.

      • Vers neuf heures, les légionnaires s’installent dans les ruines, une partie dans un hangar, l’autre dans la maison ; ils aménagent la position, percent des meurtrières et des créneaux. Le capitaine Danjou répartit ses légionnaires :

  • deux escouades (14 hommes) dans la seule chambre libre, la plus à l’ouest, les escouades de Del Caretto et de Favas, avec le sous-lieutenant Maudet. Merlet, Wittgens et Bernado avec leur caporal Favas obstruent tant bien que mal l’ouverture. Furbasz, Bogucki, Catteau et Van Der Bulcke, avec leur caporal Del Caretto, surveillent la cour de l’appui de la fenêtre.

  • une escouade à chacune des deux portes barricadées de la cour, une à la brèche en face ; les escouades des caporaux Maine et Pinzinger avec le sergent Germeys et le sergent-major Tonnel. L’escouade du caporal Magnin, aux ordres du sergent Schaffner, est expédiée au colmatage de la brèche du mur est.

  • une réserve, avec l’escouade du caporal Berg, est placée sous les ordres du sous-lieutenant Vilain et le sergent Palmaert, dans la cour entre les deux portes, avec mission de tout surveiller et de se porter à tout endroit trop menacé.

  • Quelques hommes montés sur les toits ont pour mission de surveiller les mouvements de l’ennemi et d’en donner le bulletin à chaque instant.

  • Trois des guetteurs désignés aux ouvertures sont rapidement touchés.

    • Pendant que Morzycki grimpe sur le toit, un légionnaire de l’escouade dans le hangar descend un Mexicain qui s’est présenté à la fenêtre de l’étage. Une bordée d’injures, suivie d’une volée de balles tirées au hasard, répond à ce tir au but.

    • Enfin, le capitaine répartit symboliquement entre ses soixante légionnaires le litre de vin transporté par son ordonnance, Ulrich Konrad.

    • Les légionnaires sont soumis à des tirs de harcèlement auxquels ils ripostent, mais ils sont sûrs aussi d’user leurs forces, leurs munitions et leur chance.

    • Pierre Conrad et Frédéric Friedrich, grièvement blessés, décèdent dans l’hacienda.

    • Les lanciers de l’escadron de Joaquim Jiménez d’Orizaba font la jonction avec les cavaliers de don Hilario Pisario de Cotaxla. En l’absence d’ordres précis, ils attendent l’arrivée du colonel Milan.

    • A cette heure, tout est possible, même une retraite vers Paso del Macho, à une dizaine de kilomètres. Mais le capitaine connaît sa mission : protéger le convoi. En se repliant, il laisserait le champ libre à l’ennemi, outre Camaron, site favorable à une embuscade.

      • Calmant les ardeurs de son frère Anastasio, le chef d’escadron Joaquim Jiménez, qui vient de perdre une quarantaine de cavaliers tués et autant de blessés, envoie le capitaine Sébastian Campos rendre compte de la situation au colonel Milan et obtenir de nouvelles instructions. Après discussion avec son chef d’état-major, le lieutenant-colonel José Ayala, le colonel Milan décide de régler définitivement par les armes le sort des assiégés de Camerone et d’expédier à marche forcée les trois bataillons de la garde nationale installés à La Joya. Le colonel Rafael Estrada et le bataillon de Vera Cruz avec le capitaine Migoni y Frias commandant les deux compagnies de tête, le colonel Ismaël Teran avec celui de Jalapa, et le commandant Francisco de Talavera avec celui de Cordoba, s’entendent accorder deux heures pour rejoindre l’hacienda de Trinidad, avec un ordre clair : pas de prisonniers. Des cavaliers s’envolent aux quatre points cardinaux pour rameuter une dizaine de chefs de guérillas, avec le maximum de leurs hommes.

      • Des officiers, des cavaliers, des chefs de guérillas approuvent l’ordre de ne pas faire de prisonniers ; mais de nombreux notables de province, qui servent dans la garde nationale, désapprouvent cet ordre. De même, plus d’un officier de la Garde parlant français, comme le lieutenant-colonel José Ayala, chef d’état-major du colonel Milan, les colonels Angel Lucido Combas et Mariano Camacho, les lieutenants-colonels Francisco et Manuel Marrero, qui commandent une unité de cavalerie, le commandant de Talavera, chef de bataillon de Cordoba.

      • Le colonel Milan décide d’envoyer un émissaire, le lieutenant Ramon Laisné, pour offrir aux Français une reddition honorable.

      • Le capitaine Danjou va d’un poste à l’autre, dans le corral en longeant les murs, donnant des ordres, veillant à l’économie des munitions, encourageant ses hommes. La situation des légionnaires est grave, dramatique. Elle serait insupportable pour des hommes sans courage. Les cavaliers mexicains sont braves mais inexpérimentés dans le combat à pied ; ils s’exposent au feu isolément ou par petits groupes, sans méthode. Chacune de leurs apparitions aux fenêtres ou aux brèches leur coûte un ou deux hommes.

      • Le caporal Ame Favas est tué à la porte de la chambre du 1er étage par une salve de riposte. Le légionnaire Bogucki le remplace à la porte sur instructions du sous-lieutenant Maudet : ‘’ Récupère ses munitions et essaie de t’abriter mieux que lui’’.

      • Le sergent Schaffner avec le caporal Magnin et sa petite escouade de trois légionnaires, dont Kunasseg et Gorski, tiennent la brèche obstruée mais le capitaine les trouve isolés et envoie le caporal Pinzinger et deux légionnaires en renfort.

      • Pendant que les hommes organisent à la hâte la défense de cette auberge, un officier mexicain, faisant valoir la grosse supériorité du nombre, somme le capitaine Danjou de se rendre. Celui-ci fait répondre : ‘’Nous avons des cartouches et ne nous rendrons pas’’.

      • Vers 9 heures 30, un officier mexicain, le lieutenant Ramon Laisné, s’approche du sergent Morzycki, monté sur le toit du bâtiment en position idéale de guetteur. Il offre aux Français une reddition honorable: ‘’Vous allez vous faire tuer pour rien ; nous sommes trop nombreux. Rendez-vous ; le colonel Milan vous promet la vie sauve’’. Sur le toit, le sergent Louis Morzycki, un Français d’origine polonaise, qui a rendu compte à son capitaine et qui a repris sa place, retransmet la réponse en deux mots : ‘’Pas question… ‘’.

      • Puis, levant la main, il jura de se défendre jusqu’à la mort et fit prêter à ses hommes le même serment. Il était 10 heures.

      • Le capitaine Danjou demande à ses hommes de ne pas se rendre, même s’ils doivent se faire tuer sur place. Enthousiastes, les légionnaires jurent de ‘’combattre jusqu’à la dernière extrémité’’. C’est le fameux serment de Camerone.

      • Jusqu’à 6 heures du soir, ces soixante hommes, qui n’avaient pas mangé ni bu depuis la veille, malgré l’extrême chaleur, la faim, la soif, résistent à 2 000 Mexicains : huit cents cavaliers, mille deux cents fantassins.

      • En bas, le lieutenant Lainé salue avec élégance et s’éloigne, sans insister.

      • Moins de trente secondes plus tard, apocalyptique, le feu commence, sur tous les points à la fois, par les ouvertures de la maison donnant sur la cour, au travers des planchers et des madriers entassés contre les grandes portes. Malheur à tous ceux qui apparaissent. Chacune des balles des légionnaires doit faire une victime. Pourtant, avec une attaque vigoureuse et d’ensemble, les Mexicains auraient pu écraser la 3e compagnie en quelques minutes.

  • Vers dix heures trente, deux détachements de cavalerie irrégulière arrivent sur les lieux. Le premier groupe commandé par Canseco vient de La Joya ; le second, commandé par Juan Maximino Escobar rejoint le gros de la troupe par le sud. Enfin d’autres bandes de partisans accourent en renfort. Celle de Donaciano Perez arrive de San Diego, renforcée par les hommes de Crespin Martinez venu de La Soledad ; Marcelino Rosado de Cotaxla se joint au groupe venu de Tlacotalpan, mené par José Camacho.

  • Le colonel Milan a réuni autour de l’hacienda toutes les forces disponibles dans un rayon de dix kilomètres, des unités qui, depuis plusieurs jours, se sont remarquablement bien camouflées, réussissant à tromper la vigilance des Français.

      • Il est onze heures du matin. La 3e compagnie n’a ni vivres, ni munitions, ni, surtout, de l’eau. Il n’est pas encore midi et le supplice de la soif commence.

      • Les légionnaires les moins favorisés sont ceux qui occupent la seule chambre qui ne soit pas occupée par les Mexicains qui ont percé dans la cloison des trous par lesquels ils tirent. Les Mexicains cherchent à s’emparer de cette chambre. La lutte est affreuse au milieu des cris des assaillants et des légionnaires.

      • Dans la chambre où la chaleur augmente d’instant en instant, le sergent-major Tonnel, qui se bat comme un lion, tombe jetant encore ce cri : ‘’Allons, les enfants ! courage. Pour la France et pour l’honneur de la Troisième. Vous savez la consigne…Jusqu’à la mort !’’ un autre légionnaire tombe ; trois autres sont blessés mais combattent encore ; cinq hommes gisent sur le sol de terre battue, morts ou blessés, mourants. Leurs camarades, plaqués au bas des murs, leurs camarades ne peuvent rien pour eux.

      • Agenouillé derrière Bogucki, Frédéric Fritz est tué d’une balle à la tête ; le caporal Adolphe Del Caretto est mortellement blessé d’une balle en pleine poitrine. Puis Nicolas Burgisser est tué.

      • A la grande brèche de la face est, les défenseurs de la barricade sont aussi à l’épreuve. Le sergent Schaffner est atteint à l’épaule ; contre son flanc, le légionnaire Emile Hipp est tué par une balle qui lui a traversé le crâne ; mais le feu de salve surprend l’escouade du caporal Pinzinger, courant vers la brèche ; Bernado est cueilli d’une balle entre les deux yeux ; le caporal Pinzinger a le mollet droit déchiré jusqu’à l’os par un ricochet ; Baas a reçu une balle en pleine poitrine et Schreiblich a le bras esquinté. Langmeier, Kurz et Seffrin ne manifestent aucune envie de sortir de leur provisoire sécurité. Le sergent Schaffner rappelle à l’ordre le caporal Pinzinger.

      • Dans le hangar, le sergent Palmaert ramène cinq hommes du groupe d’intervention et les aligne dans l’angle sud-ouest du corral. Dans l’excitation générale, les Mexicains oublient un peu la prudence. Commandée par Palmaert, la décharge bien réglée de Groux, Sergers, Catenhusen, Gaertner et Dicken, atteint les cinq cibles parmi les tireurs de la chambre du haut. Pendant que Pinzinger et les légionnaires de l’escouade de Magnin se protègent au mieux, les occupants de la chambre du haut tirent sans ajuster leur visée, salués à chaque fois par les salves des cinq tireurs, qui font encore mouche trois fois au moins.

      • La situation pour le portail gardé par l’escouade du caporal Berg évolue moins bien car la protection de la brèche laisse à désirer. Une quarantaine de Mexicains se jettent contre le platelage vertical. Par chance, ce premier choc est insuffisant pour venir à bout de la résistance des étais. Les six membres de l’escouade, Zey, Verjus, Dael, Jeannin, Brunswick et Timmermans se précipitent pour soutenir leur ouvrage branlant avant d’obéir à leur caporal qui leur demande de tirer à travers les planches. Ils sont renforcés par le sous-lieutenant Vilain, arrivé à la rescousse avec quatre à cinq hommes. Une douzaine de coups de feu abattent autant d’assaillants. La masse reflue d’une vingtaine de mètres, jusqu’aux pieds des premiers cactus.

      • A vingt mètres de là, l’escouade du caporal Maine régit plus rapidement. Ils sont huit défenseurs, massés en deux groupes au ras des piliers de leur portail. Wensel l’ancien et le blond Van Opstal, en position de tireur couché, maugréent dans la poussière. A genoux au-dessus de leur dos, Leonhardt et Bartolotto, fusil à l’épaule, sont prêts. Dès le début de l’attaque, le sergent Germeys et le légionnaire de Vries, au pilier nord, le caporal Maine et le légionnaire Constantin, entreprennent un feu roulant sur la ligne de buissons. Les cavaliers ne montent pas à l’abordage. Mais l’ennemi est sur le point de se reprendre et le sergent Germeys ordonne un feu de salve pour les huit fusils. La vague d’assaut se délite mais de Vries reçoit dans son épaule gauche une des balles de la volée de riposte. Van Opstal a son crâne saignant, qu’un éclat de pierre a décoiffé et à demi scalpé. Le sergent Germeys a sa joue ouverte par un autre éclat.

      • La compagnie vient de perdre sept tués et neuf blessés, lourd tribut pour un faible effectif.

      • Le lieutenant-colonel José Ayala est tué à la tête de la première vague d’assaut. Les Mexicains perdront également le capitaine Zaragoza, le lieutenant Vicente Guido et le sous-lieutenant Raphaël Redondo. La bravoure folle des Mexicains se heurte au mur de feu et à la froide résolution des légionnaires.

      • Dans le corral, les légionnaires courent de temps en temps pour s’abriter sous le toit de chaume du petit hangar, risquant la mort car les tireurs mexicains occupant le bâtiment prennent de plus en plus d’assurance. Soudain deux coups de feu prennent tout le monde à revers. Deux cavaliers ont escaladé l’extérieur du mur : deux fusiliers du groupe d’intervention, Louis Lernould le Champenois, tué, et Louis Rohr le Rhénan silencieux, mortellement blessé, s’écroulent à découvert, lâchant la poutre prévue pour l’étayage de la porte de Berg. Ils font d’inutiles efforts, pour se relever et continuer à se battre. Vers eux accourt le tambour du régiment : ‘’Prends ma carabine, lui dit l’un d’eux. Pour moi, c’est fini. Tiens, voilà mes cartouches !’’

      • Les sergents Morzycki et Palmaert tuent les deux Mexicains.

      • Le capitaine Danjou, avec ses deux gardes du corps, son ordonnance Ulrich Konrad et le tambour Casimir Laï, venant de la brèche du sergent Schaffner, traverse la cour pour examiner la situation avec le sergent-major Tonnel. Les cinq tireurs du hangar sud-ouest font taire d’une salve les occupants du 1er étage qui tirent sur le capitaine.

      • Le duel particulier entre les Mexicains du premier étage et les tireurs du sergent Palmaert connaît un regain d’intensité. Le score est nettement en faveur des légionnaires. Les Mexicains ont eu au moins sept tués et autant de blessés.

      • Mais une nouvelle vague de Mexicains à carabine américaine s’installe à la fenêtre et entreprend directement Palmaert et ses cinq tireurs : Pierre Dicken est tué d’une balle dans la carotide et Louis Groux d’une balle au-dessus du sein droit.

      • Un peu après onze heures, l’attaque se déclenche avec les cavaliers. Elle est brisée une nouvelle fois ; mais le capitaine Jean Danjou, brandissant son épée, est mortellement blessé. Une balle vient le frapper en plein cœur. Le commandant de la 3e s’écroule brutalement pendant que son képi roule auprès de lui.

      • À midi, le capitaine Danjou est tué d’une balle en pleine poitrine.

      • Le commandement revient au sous-lieutenant Jean Vilain. Son œil annonce la décision, l’énergie et le mépris du danger.

      • Les défenseurs de la chambre haute sont obligés d’abandonner ce poste. Les Mexicains de la chambre voisine, ceux du premier étage et ceux du dehors, leur lancent des balles, à bout portant. Le sergent-major donne ses derniers ordres : Catteau, Furbasz, Merlet et Hiller tireront sur les brèches ouvertes ; Bogucki restera le plus longtemps possible à la porte ; Wittgens et Van Den Bulke vont faire passer les blessés dans la cour par la fenêtre, en commençant par Del Caretto. Fritz et Rerbers refusent d’être évacués.

      • Une salve tirée de l’autre côté de la route traverse le maigre tablier de bois. Antoine Bogucki est tué d’une balle en pleine poitrine ; Karl Wittgens est tué sur le coup d’une balle dans la nuque. Merlet et Rerbers sont assommés par la chute du plafond. La petite pièce est envahie par un nuage de poussière suffocante. Tout le monde tire. Un seul attaquant est touché et plonge dans le vide à travers le plancher.

      • Merlet est de nouveau assommé par un coup de crosse. Catteau aide Fritz à passer par la fenêtre et saute derrière lui dans la cour, suivi par Hiller. Van Den Bulke doit abandonner Del Caretto et se jette vers la fenêtre. Georges Furbasz lutte contre une grappe de Mexicains, tire à bout touchant sur une silhouette, sabre de sa baïonnette et meurt debout sans même voir la machette qui lui ouvre la tête.

      • Le sergent-major Henri Tonnel donne le signal du dernier affrontement. Tous ses coups font mouche. Mais les dix ou douze fusils braqués sur lui ne peuvent pas le manquer. Atteint de plusieurs balles, Henri Tonnel s’effondre d’un bloc.

      • Ils y sont entrés quatorze. Ils en sortent six, presque tous avec quelques blessures. Qu’importe, ils vont continuer à se battre.

      • Le sous-lieutenant Vilain et son groupe d’intervention font face aux Mexicains qui veulent terminer leur mission ; les assaillants sont accueillis par des salves ; après une douzaine de morts ou de blessés, ils comprennent que l’assaut serait meurtrier et décident de fortifier leur nouvelle position. Ils ont perdu 2 heures à enlever le réduit.

      • Dans la cour, à côté du corps du caporal Ame Favas, les fusiliers Baptiste Leonhardt, Jean Baas et quelques autres, morts ou mortellement blessés.

      • Les légionnaires entendent des cuivres qui sonnent, qui se rapprochent. Ce n’est pas les légionnaires du capitaine Saussier ; ce n’est pas la contre-guérilla du colonel Dupin. Le vent du nord emporte vers le sud le crépitement des balles. Les grenadiers de Paso del Macho, qui est au couchant, n’entendent pas l’appel des fusils des légionnaires. C’est l’infanterie mexicaine. Les trois bataillons d’infanterie arrivent à pied d’œuvre. Douze cents adversaires de plus. Avec la lorgnette du capitaine, le sergent Morzycki est stupéfié par le spectacle d’une nuée de fantassins se dirigeant vers l’hacienda en trois colonnes.

      • Le sergent Morzycki ajuste la silhouette bleu et gris de Pablo Ochoa et appuie sur la détente ; le petit fantassin mexicain meurt en trois secondes, replié sur son tambour muet.

      • Les légionnaires comprennent que tout est perdu et qu’il ne leur reste plus qu’à bien mourir. Le colonel Milan envoie une nouvelle fois son émissaire proposer ‘’ une honorable reddition’’. Même réponse. Assiégeants et assiégés rouvrent le feu.

      • Le bataillon de Jalapa, qui constitue le centre du dispositif d’infanterie mexicain, est le mieux équipé en carabines américaines flambant neuves ; il hérite du secteur le plus abrité et son chef de corps, le lieutenant-colonel Teran, demande à ses hommes d’aménager des issues pour déboucher dans le corral ; d’où des frictions avec les cavaliers du capitaine Campos. Se bousculant à l’appui de la fenêtre, les cavaliers réussissent à maintenir un feu roulant sur la brèche bouchée par un tas de bois, que l’ennemi s’obstine à tenir.

      • Les fantassins mexicains s’élancent de tous côtés, en vomissant des injures, apparaissant à toutes les ouvertures, jusqu’au sommet du mur d’enceinte, pour pénétrer dans le corral. Devant les tirs précis des légionnaires, ils fléchissent encore. Ils reculent. Mais ils reviennent, officiers en tête, montrant de la bravoure. Seule l’arme blanche dans les mains du légionnaire les terrifie.

      • Des coups redoublés contre les murs sont entendus. Les Mexicains ouvrent une brèche et arrivent à pénétrer dans la maison.

      • Le sous-lieutenant Vilain donne l’ordre de concentrer la défense sous le hangar qui est à l’angle sud-ouest. Ce hangar n’a plus qu’un mur ; abrités derrière ce mur, les légionnaires lancent leurs balles contre les Mexicains qui veulent profiter de l’ouverture de la brêche.

      • Le sous-lieutenant Jean Vilain marche fièrement. Il salue les morts de son épée et dit un mot aux blessés qui gisent sur le sol. Et puis, brandissant cette même épée dans les airs, il crie : ‘’Vous savez, c’est jusqu’à la mort. Vive la France !’’

      • Devant la barricade, le sergent Schaffner, dont l’épaule ne saigne presque plus, repousse les assauts des fantassins mexicains, avec l’appui du caporal Magnin, de Gorski, Kunasseg et Seffrin pendant que le caporal Pinzinger, Kurz toujours intact, Baas avec sa balle dans le poumon et Schreiblich avec son bras déchiré, arrivent à dérégler par leurs salves le feu des cavaliers de la fenêtre.

      • Presqu’en même temps s’affaissent le caporal André Pinzinger et le fusilier Félix Brunswick ; le voltigeur Joseph Rerbers est tué. Les blessés commencent à être nombreux. Parmi eux, le caporal Evariste Berg.

      • Le soleil des tropiques presse les combattants de tous ses feux. La bouche écumante, la langue tuméfiée par la chaleur et la soif, la gorge serrée, le regard en feu, la poitrine haletante, les légionnaires continuent à lancer leurs balles et la mort.

      • La ruée aveugle des fantassins du commandant de Talavera met dix minutes à se tarir. Les légionnaires encore vivants sont hébétés par ces minutes, tétanisés. De nombreux corps sont étalés dans la poussière, cadavres isolés ou entassés, blessés trainés pour mourir. Le sergent Palmaert a reçu une balle qui lui a fracassé la mâchoire. Georges Catenhusen est tué par une balle qui lui a arraché la moitié de la nuque.

      • A dix pas, à l’intérieur de la cour, les deux sous-lieutenants examinent la situation, sous la protection de Konrad, Laï et Morzycki qui arrosent la façade menaçante : le groupe d’intervention a éclaté au profit des défenseurs des portails. Billod et Schiffer sont venus appuyer l’escouade de Berg ; Lemmer, Seiler et Vandesavel sont partis se jeter en deuxième rideau derrière les vantaux de Germeys et de Maine. Le tambour Laï est touché par une balle qui lui ouvre la main gauche ; Claude Billlod est touché à la poitrine.

      • Depuis son saut dans la cour, Van Del Bulcke est dans un état second ; ahuri et aveuglé par le soleil cru, il court d’un côté à l’autre, confondant amis et ennemis, avant de se terrer, à plus de 40 mètres des portails, dans un angle mort. IL compte les cadavres des Mexicains qui l’entourent. Ses nerfs le réveillent en sursaut. Il se dirige vers le portail est et se retrouve devant une nouvelle brèche et se dresse devant la première vague de Mexicains de Cordoba ; mais le nombre le submerge. Assommé par un talon de machette, il est sauvé par un capitaine.

      • Cette brèche est ouverte dans le mur du levant en face de la grande porte : les six légionnaires du groupe de Maudet entament un feu roulant sur cette brèche où se pressent les plus ardents fantassins du commandant de Talavera ; rapidement, la brèche est fortement barrée par une digue de corps immobiles ou gémissants ; mais les fusiliers François Daglincks et Félix Langmeier tombent, plusieurs autres sont grièvement blessés. Le corps du fusilier Emile Hipp, tué vers dix heures, est là, allongé. Le tambour Laï reçoit une deuxième balle dans son épaule droite.

      • Vilain demande à Maudet de mettre à l’ombre dans le hangar les blessés, sergent Germeys, Van Opstal, de Vries et Fritz qui ne tiendront pas une heure de plus au soleil.

      • Chacun des légionnaires enfermés dans la cour, sur lesquels une quinzaine sont déjà plus ou moins grièvement blessés, sont conscients de l’issue fatale. Ils réagissent selon leur tempérament. Disséminés en petits groupes sur la moitié sud et ouest du périmètre, silencieux, le fusil rechargé au poing, ils attendent la ruée des Mexicains. Ceux-ci tiennent désormais plusieurs brèches. Des tireurs ennemis ont multiplié leurs postes d’affût de façon à couvrir tout l’espace dénudé et à organiser une solide base de feu pour soutenir l’assaut final. Une balle traverse l’épaule de Konrad et vient frapper le sous-lieutenant Jean Vilain, à la naissance du front.

      • À 2 heures, le sous-lieutenant Vilain tombe, frappé d’une balle au front.

      • Le commandement revient au sous-lieutenant Maudet.

      • Les ordres du sous-lieutenant Maudet sont simples : chaque poste se défend désormais comme s’il est seul car les Mexicains ne vont plus tarder.

      • L’étreinte de Mexicains se resserre ; ils occupent entièrement le bâtiment. Chaque légionnaire est littéralement bloqué à son poste. Les cadavres de Mexicains qui jonchent le sol caillouteux autour de la hacienda sont trop nombreux ; les cavaliers et les fantassins du colonel Milan ont déjà plus de deux cents morts et davantage encore de blessés, dont un quart ne verra pas le soleil du lendemain ; le colonel Milan, qui veut voir au plus vite la fin de cette résistance insensée, accepte l’idée d’un officier de son état-major, le colonel Angel Combas : mettre le feu à l’hacienda.

      • À ce moment, le colonel mexicain réussit à mettre le feu à l’auberge.

      • Les blessés mexicains appellent à l’aide tandis que les légionnaires blessés agonisent en silence.

      • Rester debout encore sous ce soleil de plomb qui pèse et s’alourdit de plus en plus ; viser et puis mourir. Telle est la consigne renouvelée par le sous-lieutenant Maudet qui, armé d’une carabine, remplit les fonctions d’un simple soldat. Il est avec ses légionnaires dans le hangar. Il compte que l’ordre unique, que les chefs précédents ont laissé, sera suivi jusqu’au bout. Oui, résistance jusqu’à la mort. Le brave sous-lieutenant ne peut plus aller d’un poste à un autre. Mais la consigne est incrustée dans toutes les âmes : se battre et mourir.

      • Les fantassins du commandant de Talavera, sous les ordres du sergent Jesus Martinez, mettent le feu. C’est de la paille et du bois dans le hangar extérieur adossé à la partie nord-est qui sont en feu et qui le communiquent à la maison. Atroce, cette fumée que le vent étend sur le réduit, sur les légionnaires blessés. Le caporal Pinzinger et Kurz, Baas et Schreiblich, tous quatre blessés, sont les premiers à remarquer la volute de fumée grise. Puis le sous-lieutenant Maudet, avec les sergents Germeys, Palmaert et Morsycki, le caporal Berg, Billod, Fritz, Laï, Catteau, Hiller, Seiler, Timmermans, Vandeermesch et Vandesavel, presque tous blessés au moins une fois, se répartissent les cartouches. Les légionnaires Baas, Billod, Laï, Schreiblich, grièvement blessés, sont inaptes pour le dernier combat.

      • Timmermans s’évanouit avec un trou dans la gorge, sans que quiconque n’ait entendu le départ du coup de feu. Quand l’incendie est terminé, les rescapés voient les défenseurs de la porte et de la brèche, les uns morts, les autres blessés.

      • Malgré la chaleur et la fumée qui viennent augmenter leurs souffrances, les légionnaires tiennent bon, mais beaucoup d’entre eux sont frappés.

      • À 5 heures, autour du sous-lieutenant Maudet, ne restent que douze hommes en état de combattre. À ce moment, le colonel mexicain rassemble ses hommes et leur dit de quelle honte ils vont se couvrir s’ils n’arrivent pas à abattre cette poignée de braves (un légionnaire qui comprend l’espagnol traduit au fur et à mesure ses paroles).

      • Les Mexicains vont donner l’assaut général par les brèches qu’ils ont réussi à ouvrir, mais auparavant, le colonel Milan adresse encore une sommation au sous-lieutenant Maudet ; celui-ci la repousse avec mépris.

      • Une cinquantaine de fantassins du bataillon de Jalapa prennent pied dans le corral même, étalés en ligne, le dos quasiment collé à la façade. Ils constituent une base d’assaut solide qui coupe tout le coin nord-est, où ils ont fait jonction avec les hommes du bataillon de Cordoba. Quand la fumée se dissipe, le sous-lieutenant Maudet découvre que les Mexicains les plus proches sont à trente mètres dans le dos de l’escouade du caporal Maine ; il ordonne à celui-ci de se replier sur lui. Maine obéit sans hésiter, arrachant les cinq fidèles restés avec lui.

      • Dans un flot de hurlements libérés des poitrines mexicaines, une horde de Mexicains lance l’assaut avec le feu d’une bonne centaine de carabines américaines. Mais la ruée des fantassins en képi bleu est bloquée par la riposte préparée des légionnaires.

      • Contre toute attente, le nouvel assaut ordonné par le colonel Milan ne parvient pas à emporter la position. La résistance des légionnaires prend une dimension épique qui, déjà, force l’admiration des Mexicains.

      • Le second assaut des Mexicains est certainement coordonné mais il manque d’expérience. Le bataillon de Veracruz, qui piétine depuis midi devant les portails de l’ouest, se jette une fois de plus sur ses objectifs. La compagnie qui aborde l’ouvrage du caporal Berg reçoit le même accueil que d’habitude et reflue. La compagnie, tenue en échec par l’escouade du caporal Maine, abat les deux vantaux mal étayés. Ils basculent dans la cour, levant une éruption de poussière et les éléments avancés du bataillon de Jalapa pilent net devant cet évènement inattendu. Dans un concert de cris assourdissants qui couvrent les coups de feu, les Mexicains laissent une vingtaine des leurs dans le corral. Daniel Seiler est mort d’une balle en plein visage puis Henry Vandesavel est tué, le crâne éclaté par un coup direct. Pendant que les Mexicains piétinent avant de relancer, Maudet ordonne un feu de salve et le repli sur le dernier hangar. Pendant le repli, Jacques Vandeermesch est touché, l’omoplate droite fracturée ; une balle cueille Constant Dael aux reins.

      • Au même moment, le sergent Palmaert tente de bloquer les éléments infiltrés par une nouvelle brèche sur le mur de l’est, avec ses deux derniers hommes valides, Sergers et Gaertner qui volent avec leur seule baïonnette au secours des blessés Pinzinger, Baas, Kurz et Schreiblich. Les sept légionnaires sont faits prisonniers.

      • A cinq heures et demie de l’après-midi, l’effectif survivant est de douze hommes : le sous-lieutenant Clément Maudet, le sergent Louis Morzycki, le caporal Louis Maine, les légionnaires Gustave Bertolotto, Victor Catteau, Laurent Constantin, Hiller, Hippolyte Kunasseg, Léon Gorski, Jean-Baptiste Leonhard, Hermann Schiffer, Geoffroy Wensel.

      • Avec le caporal Evariste Berg, les légionnaires Jean Brunswick, Ulrich Konrad et Nicolas Zey. Le caporal Magnin est seul devant une grande porte.

      • Maudet constate que le sergent Charles Schaffner et les légionnaires Adolphe Jeannin et Jean-Baptiste Verjus, blessés, ont été absorbés par la masse des assaillants au cours du dernier assaut, faits prisonniers, et sans doute entraînés vers l’extérieur.

      • Le colonel Milan harangue ses troupes, offre une dernière chance aux Français mais nulle réponse n’est donnée à cette troisième et dernière sommation. Gustave Bertolotto traduit cette harangue.

      • L’assaut est lancé avec la sonnerie des clairons soutenue par le roulement des tambours bas. Un flot de Mexicains franchit les portes et les combats se déroulent dans le corral. Très vite, le corps à corps s’engage. C’est l‘hallali. Le corral est rempli de fantassins et de cavaliers. La masse sans faille des Mexicains s’avance, prête à subjuguer sans avoir à lutter.

      • Les légionnaires Brunswick, Konrad et Zey sont les premiers à être engloutis par la masse. Schiffer et Hiller, envoyés en renfort par Maudet, se heurtent à un mur de chair qui les avale d’un coup. Evariste Berg reste le dernier. Baïonnette haute, il veut croiser son fusil. Des dizaines de mains nerveuses lui bloquent les bras, l’entravent, cherchent à l’étrangler, lui lacèrent le visage ; puis il est tiré hors des murs.

      • Le caporal Charles Magnin, qui garde la grande porte, au milieu de ses camarades qui dorment à terre leur dernier sommeil, est entouré par cent ennemis qui le font prisonnier, malgré sa résistance.

      • Six coups de fusil essayent de répondre aux centaines qui claquent sur les murettes ou les poutres. Le sergent Louis Morzycki reçoit une balle dans la tempe. Le légionnaire Gustave Bertolotto est touché en plein cœur.

      • L’assaut final est donné. Bientôt il ne reste autour de Maudet que cinq hommes : le caporal Maine, les légionnaires Catteau, Wensel, Constantin, Leonhard. Chacun garde encore une cartouche ; ils ont la baïonnette au canon et, réfugiés dans un coin de la cour, le dos au mur, ils font face. À un signal, ils déchargent leurs fusils à bout portant sur l’ennemi et se précipitent sur lui à la baïonnette.

      • Le sous-lieutenant Maudet et deux légionnaires tombent, frappés à mort.

      • Le légionnaire Baptiste Léonardt est mortellement blessé d’une blessure au cou.

      • Le sous-lieutenant Clément Maudet n’a plus avec lui que le caporal Louis Maine et trois légionnaires Victor Catteau, Laurent Constantin et Geoffroy Wensel.

      • Six heures de l’après-midi, au soir d’une journée héroïque, cinq légionnaires sont encore vivants, debout, acculés au fond du hangar. Chacun d’eux possède une cartouche. Le sous-lieutenant Maudet dit ses derniers ordres : ‘’Armez vos fusils. Vous ferez feu au commandement. Nous chargerons ensuite à la baïonnette. Vous me suivrez’’. Les Mexicains forment un demi-cercle devant ces cinq silhouettes collées au fond du hangar ; étonnés, ils entendent l’officier français crier feu. Les cinq hommes tirent ensemble et s’élancent, chargeant à la baïonnette. Plusieurs dizaines de carabines répondent à cette dernière salve pour tuer ces hommes qui les déshonorent. La plupart visent l’officier. Le légionnaire Victor Catteau se jette devant son chef ; les Mexicains tirent ; Victor Catteau est foudroyé par la salve de dix-neuf balles et le sous-lieutenant Clément Maudet tombe blessé, percé de deux balles, mortellement.

      • Maine et ses deux camarades vont être massacrés quand un officier mexicain se précipite sur eux et les sauve. Il leur crie : « Rendez-vous ! »

      • « Nous nous rendrons si vous nous promettez de relever et de soigner nos blessés et si vous nous laissez nos armes ». Leurs baïonnettes restent menaçantes. « On ne refuse rien à des hommes comme vous ! », répond l’officier.

      • Le caporal Louis Maine, Geoffroy Wenzel et Laurent Constantin demeurent, seuls, face à l’ennemi. Ils vont mourir. Le colonel mexicain Combas fait relever avec son sabre les fusils pointés vers eux et leur demande, pour la dernière fois de se rendre. Maine répond : ‘’Nous ne nous rendrons que si vous nous promettez de relever et de soigner notre sous-lieutenant et tous nos camarades blessés et si vous nous laissez nos armes.

      • ‘’On ne refuse rien à des hommes comme vous !’’ répond le colonel Combas qui escorte les trois survivants auprès du colonel Milan.

      • Les trois rescapés ferment les yeux pour ne pas voir un groupe de cavaliers qui s’amusent, avec de gros rires, à piquer de leurs lances des cadavres demi nus, tandis que d’autres s’occupent à dépouiller le corps reconnaissable du capitaine.

      • Un des hommes du commandant Jiménez se jette sur eux au grand galop, un pistolet dans chaque main ; le colonel Combas l’ajuste et l’abat tout net d’une balle dans la tête.

      • Avec tout son état-major frappé de stupeur, le colonel Milan s’étonne : ‘’C’est tout ce qu’il en reste ?’’ et qui ajoute : ‘’Pero, non sun hombres, sun demonios !’’.

      • La 3e compagnie du 1er Etranger a sauvé le convoi.

      • Les soixante hommes du capitaine Danjou ont tenu jusqu’au bout leur serment. Pendant onze heures, ils ont résisté à deux mille ennemis, en ont tué trois cents et blessé autant… Ils ont par leur sacrifice, en sauvant le convoi, rempli la mission qui leur avait été confiée.

      • Les trois rescapés se restaurent ; puis ils voient des dizaines de blessés, dont des légionnaires, se faire soigner par le commandant de Talavera, redevenu médecin. Ils voient une corvée silencieuse de fantassins creuser une grande tombe pendant que des équipes de quatre hommes déchargent des carrioles pleines de cadavres.

      • Le combat héroïque de Camerone, au Mexique, va rester légendaire avec la lutte de la 3e compagnie du 1er bataillon du Régiment Etranger, commandée par le capitaine Danjou et les sous-lieutenants Maudet et Vilain, et de ses 63 légionnaires, qui refusent de se rendre à un ennemi nettement plus important, deux mille cavaliers, soldats et partisans mexicains, commandés par le colonel Milan, et qui résistent pendant toute une journée.

      • Les légionnaires ont mis hors de combat environ trois cents Mexicains, tués ou blessés.

      • La 3e compagnie a perdu ses trois officiers, trois sous-officiers, deux caporaux et 33 légionnaires, 32 tués au combat, et 9 morts des suites de leurs blessures à l’hôpital de Jalapa ; 17 légionnaires ont été blessés ; des prisonniers ont été délivrés ou échangés ; les 8 derniers prisonniers ont été rendus le 14 juillet, échangés contre le colonel mexicain Alba, capturé vivant ; sans oublier le tambour Laï, retrouvé blessé à Camerone.

  • Le lendemain, le colonel Jeanningros apprend le drame par les Indiens. Il se met aussitôt en route, prend au passage la compagnie de Paso Del Macho, marche toute la nuit.

  • Le 2 mai, au point du jour, juste avant Camerone, un spectre sort des broussailles au bord de la route. Le tambour Casimir Laï. Assoiffé. Grièvement blessé, abandonné au milieu des cadavres ; il s’est traîné le plus loin possible de Camerone vers Chiquihuite. Il croit sincèrement être le seul survivant de la 3e compagnie.

  • Quand la petite colonne du colonel Jeanningros arrive à Camerone, elle ne trouve aucune trace du combat furieux qui s’y est livré. ‘’Pas une arme, pas un équipement, pas même un papier de cartouche, rien’’. Les cadavres des légionnaires sont découverts dans le fossé qui borde l’hacienda du côté opposé à la route. Ils sont nus parce que les guérilleros mexicains récupèrent sur les morts tout ce qui peut leur servir.

  • Le convoi, enjeu de la bataille, que le général Forey attend avec impatience devant Puebla, est sauvé. Le matériel de siège, les canons, les armes, les munitions, les ravitaillements et quatre millions de pièces d’or qu’il transporte, parviennent intégralement à leur destination.

  • Le sous-lieutenant Clément Maudet décède le 08.05.1863 à Huatusco.

  • Comme l’abbé Lanusse, nous devons prodiguer l’or et les couleurs à ceux qui ont si généreusement prodigué pour la France leur sang, leur jeunesse et leur vie.

Début mai 1863 : le colonel Dupin, qui ne peut supporter l’idée que la compagnie du capitaine Danjou ait été anéantie sur le territoire que sa contre-guérilla devait contrôler, commence à traquer les assaillants mexicains de l’hacienda. Mais ils se méfient et glissent comme des anguilles dans les mailles de son quadrillage.

17 mai 1863 : la place de Puebla se rend aux Français.

  • L’empereur Napoléon III décida que le nom de Camerone serait inscrit sur le drapeau du Régiment étranger et que, de plus, les noms de Danjou, Vilain et Maudet seraient gravés en lettres d’or sur les murs des Invalides à Paris.

  • L’empereur Napoléon III prescrit que le fait d’armes de Camerone, qui sauve le convoi et contribue à la victoire de Puebla, serait inscrit sur place sur le drapeau du Régiment Etranger.

13 juin 1863 : le colonel Dupin surprend enfin les Mexicains de Camerone au village de Cueva Pentada, fond sur eux comme la foudre et les hache. Le légionnaire Hartog de Vries est délivré. Le colonel parvient même, en juin 1863, à occuper temporairement Huatusco, une des bases des guérillas.

28 juin 1863 : ses hommes mettent en déroute les troupes mexicaines ayant participé à l’assaut de Camerone et Du Pin est considéré par la Légion comme le « vengeur de Camerone ».

14 juillet 1863 : le colonel mexicain Manuel Maria Alba, capturé vivant, et un grand nombre de Mexicains sont ensuite échangés contre huit légionnaires faits prisonniers à Camerone, acteurs de ce drame sans précédent peut-être. Les Français souhaitaient ardemment revoir dans leurs rangs ces héros. Un rapport est dressé sur leurs dépositions par le chef de bataillon Regnault, qui commande par intérim le Régiment Etranger en l’absence du colonel Jeanningros, détaché à Vera-Cruz.

Sur ordre du général Forey, le rapport est porté à la connaissance de tout le corps expéditionnaire. Dorénavant, une colonne qui passe devant Camerone doit présenter les armes et les tambours doivent battre ‘’Aux Champs’’.

En 1863, l’aumônier militaire Jean Lanusse se rend à Camerone, accompagné d’un survivant du combat, pour prier sur le tertre qui s’élève sur la plaine où dorment les légionnaires morts pour la France. Il est là ‘’pour admirer les morts et les survivants de ce glorieux combat, digne de prendre rang dans les annales françaises, à côté des faits d’armes les plus beaux et les plus capables d’honorer une armée, comme l’armée française’’.

 

En outre, un monument fut élevé en 1892 sur l’emplacement du combat. Il porte l’inscription :

« Ils furent ici moins de soixante

opposés à toute une armée,

sa masse les écrasa.

La vie plutôt que le courage

abandonna ces soldats Français le 30 avril 1863.

A leur mémoire, la patrie éleva ce monument »

 

En réalité, l’inscription portée sur la pierre tombale fut écrite en latin. Ce monument ayant été laissé à l'abandon, il en fut construit un autre, officiellement inauguré pour le centenaire de la bataille en 1963 et qui lui porte une inscription en français.

 

Depuis, lorsque les troupes mexicaines passent devant le monument, elles présentent les armes. »

 

 

Jean Balazuc P.P.P.P.

 

Sources principales :

  • Récit officiel de la bataille de Camerone (texte en gras).

  • Les héros de Camaron de l’abbé Lanusse – Flammarion – 1891.

  • La Légion Etrangère, Grandeur et Servitude - Historama N° spécial – XI.1967.

  • La Légion Etrangère – 150e anniversaire – Historia N° spécial – 2e trimestre 1981.

  • La Légion Etrangère – Voyage à l’intérieur d’un corps d’élite – John Robert Young & Erwan Bergot – Editions Robert Laffont – 1984.

  • Histoire de la Légion de 1831 à nos jours – Capitaine Pierre Montagnon – Pygmalion – 1999.

  • La Charte – N°7 de 2001.

  • L’Ancre d’Or - N°393.

  • Quand la Légion écrivait sa légende d’Alain Gandy – Presses de la Cité – 2009.

  • Camerone 30 avril 1863 d’André-Paul Connor – Tallandier – 2012.

 

 

 

Ordre de bataille de la 3e compagnie du Régiment Etranger à Camerone.

 

Trois officiers :

  • Capitaine Jean Danjou, né le 15.04.1828 à Chalabre dans l’Aude ; saint-cyrien de la promotion 1847-1849 ; tué dans le corral, le 30.04.1863 vers midi.

  • Sous-lieutenant Clément Maudet, né le 08.08.1829 à Saint-Mars-d’Outillé dans la Sarthe : mortellement blessé dans le corral le 30.04.1863 vers dix-huit heures ; décédé le 08.05.1863 à Huatusco.

  • Sous-lieutenant Jean Vilain, né le 03.08.1836 à Poitiers dans la Vienne ; tué d’une balle au front dans la cour, le 30.04.1863, peu après quatorze heures.

 

Cinq sous-officiers :

  • Sergent-major Henri Tonnel, né le 15.04.1831 à Soissons dans l’Aisne ; affecté à la Légion au 2e Régiment Etranger après une carrière dans la régulière au 43e de Ligne en Crimée et en Italie ; tué dans la chambre du haut, face à une dizaine de Mexicains, au combat le 30.04.1863 vers midi.  

  • Sergent Jean Germeys, né le 11.03.1832 à Saint-Trond en Belgique ; ancien forgeron, vétéran décoré de Crimée et d’Italie ; blessé vers onze heures ; mortellement blessé le 30.04.1863 ; décédé le 11.05.1863.

  • Sergent Louis Vicente Morzycki, né le 05.01.1840 à La Clayette en Saône et Loire ; il a fait campagne en Italie ; tué d’une balle dans la tempe, dans le corral le 30.04.1863 vers dix-sept heures trente.

    • Sergent Alfred Palmaert, né le 03.06.1842 à Anvers en Belgique ; il attend son baptême du feu ; blessé le 30.04.1863 ; fait prisonnier à dix-sept heures. Il reçoit la Médaille Militaire.

    • Sergent Charles Schaffner, né le 26.10.1831 à Berne en Suisse ; il s’est distingué à Magenta ; blessé le 30.04.1863 sur la grande brèche de la face est vers onze heures ; fait prisonnier vers dix-sept heures trente. Il est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur.

 

Six caporaux :

  • Caporal Evariste Berg, né le 13.01.1834 à Saint-Benoît dans l’Ile de la Réunion ; sergent dans l’artillerie de marine, rengagé comme homme du rang puis à nouveau sergent aux Zouaves en Crimée, en Italie et en Syrie ; promu sous-lieutenant au 1er Zouaves ; il s’est présenté discrètement le 27.12.1862 à Sidi-Bel-Abbès pour une nouvelle carrière ; blessé le 30.04.1863 ; fait prisonnier vers dix-sept heures trente. Promu Sergent. Il est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur. Décédé le 13.06.1864 des suites de ses blessures à l’hôpital de Puebla.

  • Caporal Adolphe Del Caretto, né le 16.12.1835 à Oran en Algérie France ; mortellement blessé d’une balle en pleine poitrine le 30.04.1863 vers onze heures ; décédé le 13.05.1863.

  • Caporal Ame Favas, né le 20.09.1837 à Genève en Suisse ; tué le 30.04.1863 à la porte de la chambre du 1er étage par une salve de riposte un peu après neuf heures.

    • Caporal Charles Magnin, né le 04.03.1843 à Géries en Autriche ; blessé le 30.04.1863 ; fait prisonnier vers dix-sept heures trente. Il reçoit la Médaille Militaire. Décédé le 13.06.1864.

    • Caporal Louis Philippe Maine, né le 04.09.1830 à Mussidan en Dordogne ; sergent aux Zouaves en 1850-1852 puis aux Chasseurs à pied en 1854-1859, il s’engage comme 2e classe au Régiment Etranger pour pouvoir venir au Mexique ; il arbore la Légion d’honneur gagnée à Malakoff ; blessé le 30.04.1863 ; fait prisonnier avec les honneurs dans le corral vers dix-huit heures. Il est promu sous-officier puis officier le 30.08.1863.

    • Caporal André Pinzinger, né le 17.04.1831 à Landau en Bavière ; après neuf ans dans la Légion, il porte sur sa veste la médaille de la reine d’Angleterre, souvenir de Crimée, et celle du corps expéditionnaire, souvenir d’Italie ; blessé au mollet droit dans la cour vers onze heures ; une nouvelle fois blessé sérieusement devant la barricade vers quatorze heures ; fait prisonnier le 30.04.1863 à dix-sept heures. Il est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur.

 

Un tambour :

  • Casimir Laï, né le 27.11.1839 à Cagliari en Italie ; petit rouquin ; écrasé par son trop grand chapeau et encombré de son tambour ; blessé par une balle qui lui ouvre la main droite devant un portail le 30.04.1863 vers quatorze heures ; seul rescapé libre. Il est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur.

 

Cinquante légionnaires :

    • Jean Baas, né le 26.12.1842 à Mouscron en Belgique ; mortellement blessé d’une balle en pleine poitrine dans la cour le 30.04.1863 vers onze heures ; fait prisonnier à dix-sept heures ; décédé le 04.08.1863.

    • Aloyse Bernardo, né le 20.05.1830  à Villaricha en Espagne ; tué d’une balle entre les deux yeux dans la cour le 30.04.1863 vers onze heures.

    • Gustave Bertolotto, né le 23.12.1839 à Toulon dans le Var ; tué d’une balle en plein cœur dans le corral le 30.04.1863 vers dix-sept heures trente.

    • Claude Billod, né le 10.11.1832 à Dijon en Côte-d’Or ; Bourguignon porté sur la bouteille et aux colères brutales, il est cassé de son grade de caporal au début de 1863 ; mortellement blessé d’une balle dans la poitrine, devant un portail le 30.04.1863 vers quatorze heures : décédé le 11.06.1863.

    • Antoine Bogucki, né le 11.06.1833 à Poznan en Pologne ; tué d’une balle en pleine poitrine dans la chambre du haut le 30.04.1863 vers midi.

    • Nicolas Brugisser, né en 1833 Oberlandbrofer en Allemagne ; tué dans la chambre haute le 30.04.1863 vers onze heures.

  • Félix Brunswick, né le 24.09.1832 à Bruxelles en Belgique ; blessé devant la barricade vers quatorze heures ; fait prisonnier le 30.04.1863 vers dix-sept heures trente. Il est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur.

      • Victor Catteau, né le 07.04.1837 à Comines en Belgique ; tué dans le corral en protégeant son officier, le sous- lieutenant Maudet, le 30.04.1863 vers dix-huit heures.

      • Georges Catenhusen, Danois né le 23.06.1837 à Lavenurg en Allemagne ; un des cinq tireurs du sergent Palmaert ; tué dans le corral le 30.04.1863 vers 14 heures.

  • Laurent Constantin, né le 07.04.1837 à Bruxelles en Belgique ; fait prisonnier avec les honneurs dans le corral, le 30.04.1863 vers dix-huit heures. Il est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur.

  • Pierre Conrad, né le 17.09.1839 à Alsbach en Bavière ; premier légionnaire mortellement blessé à la hanche vers 8 heures ; décédé dans l’hacienda le 30.04.1863 vers neuf heures.

    • Constant Dael, né le 20.12.1842 à Bruxelles en Belgique ; mortellement blessé par une balle dans les reins, dans le corral, le 30.04.1863 vers dix-sept heures ; décédé le 23.05.1863.

    • François Daglincks, né le 31.10.1834 à Anvers en Belgique ; tué le 30.04.1863 devant la barricade dans le corral vers quatorze heures.

    • Hartog De Vries, né le 13.03.1838 à Amsterdam dans les Pays-Bas ; grièvement blessé à son épaule gauche devant un portail le 30.04.1863 vers onze heures ; fait prisonnier, libéré par le colonel Dupin le 13.06.1863.

    • Pierre Dicken, né le à 29.05.1842 à Erkumer dans les Pays-Bas ; un des cinq tireurs du sergent Palmaert dans le hangar ; tué au combat d’une balle à la carotide le 30.04.1863 vers onze heures.

    • Charles Dubois, né le 11.04.1843 au Locle en Suisse ; deuxième légionnaire tué au combat le 30.05.1863 un peu avant neuf heures.

    • Frédéric Friedrich, né le 04.05.1832 à Langebieclan en Prusse ; mortellement blessé à l’épaule un peu avant neuf heures ; décédé dans l’hacienda le 30.04.1863 vers neuf heures.

    • Frédéric Fritz, né le 22.11.1822 à Kemm dans le Wurtemberg ; blessé à l’épaule un peu avant neuf heures ; tué d’une balle dans la tête dans la chambre du 1er étage le 30.04.1863 vers midi.

    • Georges Furbasz, né le 04.05.1832 à Dingling dans le comté de Bade ; tué debout, face à un groupe de Mexicains, d’un coup de machette, dans la chambre du haut, le 30.04.1863 vers midi.

  • Aloïse Gaertner, né le 17.11.1839 à Bülach dans le comté de Bade ; un des cinq tireurs du sergent Palmaert ; blessé le 30.04.1863 ; fait prisonnier à dix-sept heures. Il reçoit la Médaille Militaire.

  • Léon Gorski, né le 01.03.1844 à Nîmes dans le Gard ; blessé le 30.04.1863 ; fait prisonnier. Il reçoit la Médaille Militaire. Décédé le 14.12.1864 à son retour à Paris.

  • Louis Groux, né le 21.07.1840 à Payerne en Suisse ; un des cinq tireurs du sergent Palmaert dans le hangar ; tué d’une balle au-dessus du sein droit, le 30.04.1863 vers onze heures.

  • Hiller, d’une nationalité non connue ; blessé le 30.04.1863 ; fait prisonnier vers dix-sept heures trente. Disparu.

  • Emile Hipp, né le 18.05.1838 à Paris dans la Seine ; tué d’une balle dans la tête sur la grande brèche de la face est le 30.04.1863 vers dix heures.

  • Adolphe Jeannin, né le 23.01.1836 à Genève en Suisse ; blessé le 30.04.1863 ; fait prisonnier vers dix-sept heures trente. Il reçoit la Médaille Militaire. Décédé le 10.10.1863.

  • Ulrich Konrad, né en Bavière ; ordonnance du capitaine ; blessé d’une balle à l’épaule droite dans la cour vers quatorze heures ; tué le 30.04.1863 vers dix-sept heures trente.

  • Hippolyte Kunasseg, né le 22.07.1843 à Villeneuve-Saint-Georges dans le Val de Marne ; fait prisonnier le 30.04.1863. Il reçoit la Médaille Militaire.

  • Jean Kurz, né le 02.03.1877 à Kalenberg en Autriche ; mortellement blessé le 30.04.1863 ; fait prisonnier à dix-sept heures ; décédé le 28.05.1863.

  • Félix Langmeier, né le 16.03.1842 à Buchs en Suisse ; tué le 30.04.1863 devant la barricade dans le corral vers quatorze heures.

  • Frédéric Lemmer, né le 03.03.1836 à Hesselbach en Allemagne ; tué le 30.04.1863.

  • Jean-Baptiste Leonhardt, né le 19.03.1834 à Liège en Belgique ; mortellement blessé dans le corral, le 30.04.1863 vers dix-sept heures trente.

  • Louis Lernould, né le 06.05.1845 à Francfort en Allemagne ; légionnaire du groupe d’intervention ; tué dans le corral le 30.04.1863 vers onze heures.

  • Edouard Merlet, né le 04.04.1836 à Messkirch en Suisse ; fusilier ; blessé le 30.04.1863 ; fait prisonnier. Il reçoit la Médaille Militaire.

  • Joseph Rerbers, né le 15.12.1837 à Odenkirchen en Prusse ; assommé dans la chambre haute ; tué le 30.04.1863 vers quatorze heures.

  • Jean-Guillaume Reuss, né à Francfort en Allemagne ; engagé à Strasbourg à moins de 20 ans ; premier légionnaire tué le 30.04.1863 un peu avant neuf heures.

  • Louis Rohr, né le 01.10.1832 à Niedereverbach en Bavière ; mortellement blessé le 30.04.1863 vers onze heures ; décédé le 25.05.1863.

  • Hermann Schiffer, né le 19.10.1839 à Stuttgart dans le Bade-Wurtemberg ; blessé le 30.04.1863 ; fait prisonnier vers dix-sept heures trente. Il reçoit la Médaille Militaire.

  • Joseph Schreiblich, né le 25.08.1843 à Gruben en Suisse ; blessé au bras dans la cour 30.04.1863 vers onze heures ; fait prisonnier à dix-sept heures. Il reçoit la Médaille Militaire.

  • Jean Seffrin, né le 22.12.1838 Niersinten en Bavière, blessé le 30.04.1863 ; fait prisonnier. Il reçoit la Médaille Militaire.

  • Daniel Seiler, né le 27.12.1837 à Lenzburg en Suisse ; tué d’une balle en plein visage dans le corral le 30.04.1863 vers 17 heures.

    • Joseph Sergers, d’une nationalité non connue ; un des cinq tireurs du sergent Palmaert ; blessé le 30.04.1863 ; fait prisonnier à 17 heures. Il reçoit la Médaille Militaire.

      • Louis Stoller, né le 24.09.1834 à Bruxelles en Belgique ; tué au combat le 30.04.1863.

      • Jean-Louis Timmermans, né le 02.08.1845 à Bilan en Belgique ; mortellement blessé dans le corral le 30.04.1863 vers dix-sept heures ; décédé le 15.05.1863.

    • Clovis Pharaon Van Den Bulcke, né le 21.12.1845 à Lille dans le Nord ; blessé dans la chambre haute vers midi ; assommé par le talon d’une machette par les Mexicains de Cordoba devant une nouvelle brèche le 30.04.1863 vers quatorze heures et sauvé par un capitaine ; fait prisonnier. Il reçoit la Médaille Militaire. Décédé le 01.01.1894.

      • Jacques Van Der Meersche, né le 31.12.1832 à Alost en Belgique ; touché à l’omoplate fracturée dans le corral, le 30.04.1863 vers dix-sept heures. Décédé.

  • Luitpog Van Opstal, d’une nationalité non connue ; blessé dans le corral ; protégé dans le hangar ; fait prisonnier le 30.04.1863 vers dix-sept heures. Il reçoit la Médaille Militaire. Décédé le 02.02.1864 à l’hôpital d’Orizaba.

    • Henricus Vandesavel, né le 17.05.1832 à Hasselt en Belgique ; tué le crâne éclaté par un coup direct dans le corral, le 30.04.1863 vers dix-sept heures.

  • Jean-Baptiste Verjus, né le 12.02.1839 à Paris dans la Seine ; blessé le 30.04.1863 ; fait prisonnier vers dix-sept heures. Il reçoit la Médaille Militaire.

  • Geoffroy Wensel, né le 04.11.1822 à Nettrich en Prusse ; ancien soldat de l’armée prussienne ; gravement blessé à Sébastopol ; réformé en octobre 1855 ; rengagé au 2e Régiment Etranger ; blessé le 30.04.1863 ; fait prisonnier avec les honneurs dans le corral vers dix-huit heures. Il est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur.

    • Karl Wittgens, d’une nationalité non connue ; tué d’une balle dans la nuque dans la chambre haute le 30.04.1863 vers midi.

  • Nicolas Zey, né le 17.02.1842 à Beuren dans le Bade-Wurtemberg ; fait prisonnier le 30.04.1863 vers dix-sept heures trente. Il reçoit la Médaille Militaire.

 

Ayala José, lieutenant-colonel, chef d’état major du colonel Milan. Tué à Camerone le 30.04.1863 à treize heures, à la tête de la première vague d’assaut.

 

Ballue, capitaine commandant une des deux compagnies du Régiment Etranger qui escortent le convoi de Véra-Cruz à Puebla en avril 1863.

 

Berg Evariste, né le 13.01.11834 à Saint-Benoît dans l’île de La Réunion – France ; sergent dans l’artillerie de marine, rengagé comme homme du rang puis à nouveau sergent aux Zouaves en Crimée, en Italie et en Syrie ; promu sous-lieutenant au 1er Zouaves ; il s’est présenté discrètement à Sidi-Bel-Abbès pour une nouvelle carrière ; caporal de la 3e compagnie du Régiment Etranger au Mexique ; blessé et fait prisonnier à Camerone le 30.04.1863 ; il est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur ; il retrouve ses épaulettes après Camerone : il est promu sous-lieutenant du Régiment Etranger ; tué en duel par un camarade le 13.06.1864.

 

Cabossel, capitaine commandant les deux compagnies du Régiment Etranger qui escortent le convoi de Véra-Cruz à Puebla en avril 1863.

 

Camacho Mariano, colonel de l’état-major du colonel Milan, à Camerone en avril 1863.

 

Campos, capitaine des lanciers d’Orizaba.

 

Cazes, capitaine commandant la 3e compagnie du Régiment Etranger ; blessé lors de l’embarquement à Mers-el-Kébir, tout juste remis, il est laissé au commandement de la place de Medellin en avril 1863 ; tué le 01.03.1866 à Santa-Isabel au Mexique.

 

Chefs de bandes de partisans, arrivés à Camerone le 30.04.1863 vers 10 heures 30.

  • Canseco de La Joya.

  • Juan Maximino Escobar du sud.

  • Donaciano Perez de San Diego.

  • Crespin Martinez de La Soledad.

  • José Camacho, de Tlacotalpan.

 

Combas Angel Lucido ; il a passé quelques années à Paris pour ses études ; colonel mexicain (d’origine française, Combes) ; il s’interpose à temps et sauve les trois survivants de la dernière charge, le 30.04.1863 à Camerone.

 

Comonfort Ignacio, né en 1812 de parents français. En 1833 il est capitaine de la compagnie d'artillerie de la Garde nationale. Puis colonel en 1847 lors de la bataille de Mexico pendant la guerre américano-mexicaine. Le 21.07.1854 il est promu général de brigade, puis général de division le 27.08.1855. Comonfort est ministre de la guerre du 10.10 au 10.12.1855, puis le 11.1. il est président du Mexique par intérim, puis président élu dès le 13.07.1857 jusqu'à sa démission et sa fuite le 21.01.1858. Durant le mandat présidentiel de Comonfort, Benito Juárez fut à la fois président de la Cour suprême et vice-président du Mexique. De 1858 à 1861 il vit en exil aux États-Unis avant de rentrer au Mexique. En 1863 il est commandant en chef de l'armée et se bat contre les Français lors de l'expédition du Mexique. Le 13.11.1863, Comonfort est tué lors d'une attaque de guérilla près de San Juan de la Vega sur la route de Querétaro à San Luis Potosí.

 

Danjou Jean, né le 15 avril 1828 à Chalabre dans l’Aude ; après quatre ans d’études à Carcassonne, il entre à Saint-Cyr en 1847 ; sous-lieutenant au 51e de Ligne ; volontaire pour la Légion Etrangère ; Kabylie, Crimée où il reçoit la Légion d’Honneur ; il perd sa main gauche, victime d’un ‘’stupide accident’’ au cours d’une mission topographique en Kabylie le 01.05.1853 ; il se sert habilement de la main de bois qu’il s’est fait fabriquer ; capitaine de la Légion Etrangère ; adjudant-major du 1er Régiment Etranger, il est volontaire pour commander la 3e compagnie le 29 avril 1863 ; mort héroïquement à Camerone, dans le corral, le 30 avril 1863 vers midi.

 

Dupin, Charles-Louis du Pin, obtient un baccalauréat littéraire à 17 ans ; reçu à Polytechnique au concours de 1834 et sort sous-lieutenant en 1836. Il entre à l'école d'application du Corps royal d'état-major qu'il rejoint le 01.01.1837 et après deux ans de cours en sort second[]. Le 23.01.1839 il est nommé lieutenant du corps d'état-major. Le 4 février suivant, il débute ses stages réglementaires au 18e de ligne. À partir du 1er mars, il est employé aux travaux de la carte de France et devient un des topographes les plus qualifiés de l'armée ; les cartes qu'il dresse en Algérie[], Chine et Japon font toujours autorité de nos jours. Promu au grade de capitaine le 02.12.1842, au 33e de ligne. Du Pin en Algérie du 10.04.1843 au 20.12.1843 ; il y repart le 20.01.1844 pour un séjour de trois ans. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le 27.11.1844. Le 05.04.1845 il est affecté au 2e Régiment de Cuirassiers puis au 1er Régiment de Chasseurs d'Afrique. Rentré d'Algérie le 02.04.1847 avec plusieurs citations, Du Pin est affecté, le 11 août suivant, au 8e Régiment de Chasseurs. Il commence une carrière militaire mouvementée. Il est promu au grade de chef d'escadron le 22.12.1851 ; il est mis à la disposition du Gouverneur Général de l'Algérie le 21.05.1853. Sur place, il prend part à l'expédition des zouaves du général Randon et ses états de service lui valent la rosette d'officier de la Légion d'honneur le 29.07.1854 et une nouvelle citation, le 13.08.1854. De retour en France, Du Pin devient chef d'état-major de la 7e division à Besançon (08.09.1859). Il est nommé le 17.11.1859 chef du service topographique du corps expéditionnaire de Chine[] et embarque le 5 décembre pour la Chine ; il est cité par le général de Montauban pour la prise des forts du Peï-Ho le 21.08.1860. Le 06.10.1860, il escalade les murs du palais d'été de Pékin, avec quelques hommes, permettant ainsi aux alliés d'entrer sans combat. Il est promu au grade de colonel le 07.11.1860. En janvier 1861, il obtient l'autorisation de se rendre au Japon où il voyage pendant quatre mois.[][][] De retour en France, il est confirmé colonel le 04.01.1861 mais il continue une carrière mouvementée. Colonel, forte tête, couvert de décorations, il est finalement nommé commandant le bataillon de la contre-guérilla française, constituée de Mexicains et d’aventuriers de tous pays, en avril 1863 ; commandeur de la Légion d'honneur le 26.12.1864 ; renvoyé en France en avril 1865, et remplacé un temps par le capitaine Ney d'Elchingen ; lavé de tout soupçon, il revient en janvier 1966. Mais le conflit entre l'empereur du Mexique et le colonel fait grand bruit, Du Pin finit par être remplacé, définitivement cette fois, au début de 1867, à la tête de la contre-guérilla par De Galliffet qui ne change pas de méthode. Usé par ses campagnes et les excès de toutes sortes, il décède avant ses cinquante-quatre ans, célibataire et dans le dénuement, d'une méningite le 03.10.1868 à l'Hotel-Dieu Saint-Éloi de la ville.

 

Estrada Rafael, colonel, commandant le bataillon de la garde nationale de Vera Cruz, à Camerone en avril 1863.

 

Forey, général, commandant en chef du corps expéditionnaire de 30 000 hommes au Mexique, nommé au début de 1862 ; vainqueur du siège de Puebla le 17.05.1863. Il est remplacé par le général Bazaine le 16.07.1863.

 

Gans, lieutenant, adjoint du capitaine Cazes, commandant la 3e compagnie du Régiment Etranger ; atteint de paludisme en avril 1863.

 

Guido Vicente, lieutenant mexicain ; tué lors d’un assaut à Camerone le 30.04.1863.

 

Jeanningros Pierre, né le 21.11.1816 à Besançon ; enfant de troupe, soldat, sous-officier ; de nombreuses blessures et de nombreuses décorations ; sorti du rang, il a conquis ses grades à la pointe de l’épée ; chef de corps du 43e de Ligne ; affecté à la Légion Etrangère en mars 1862 ; s’il a du courage, il sait aussi se faire obéir ; colonel, commandant le Régiment Etranger de 1862 à 1865, au Mexique ; général en 1866 en charge de la formation d’une Légion Etrangère au Mexique. Grand-officier de la Légion d’honneur ; six fois blessé au feu ; titulaire de quatre citations ; décédé le 30.04.1902 à Paris.

 

Jiménez Anastasio, frère de Joaquim, lieutenant, chef d’un peloton de lanciers d’Orizaba.

 

Jiménez Joaquim, chef d’escadron des lanciers d’Orizaba, désigné par le colonel Milan pour anéantir, avec une troupe de cavaliers, la 3e compagnie du Régiment Etranger dans les environs de Camerone en avril 1863.

 

Laï Ca simir, Italien, né à Cagliari en Sardaigne ; petit rouquin ; légionnaire de la 3e compagnie du 1er Régiment Etranger, tambour de la compagnie, seul rescapé libre retrouvé par un éclaireur de la colonne de secours, après le combat du 30.04.1863 à Camerone au Mexique. Blessé de sept coups de lance et de deux balles, laissé pour mort, dépouillé de ses vêtements, jeté dans un fossé avant d’être mis dans une fosse commune. Décoré de la Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur le 14.08.1863.

 

Laisné Ramon, lieutenant, fils d’un Français fixé depuis longtemps à La Veracruz ; sorti de l’Ecole militaire de Chapultepec ; il combat pour l’indépendance du Mexique, dans la colonne du colonel Milan dont il est l’aide de camp en avril 1863.

 

abbé Lanusse Jean, né le 02.01.1818 à Tonneins ; prêtre ; aumônier militaire aux Armées dès 1859 ; il participe à de nombreuses campagnes napoléoniennes, la campagne d’Italie, l’expédition du Mexique avec le siège de Puebla, la Guerre de 1870 avec la bataille de Sedan ; aumônier militaire de Saint-Cyr de 1871 à 1905 ; décédé le 25.10.1905 à Saint-Cyr. Chevalier de la Légion d’honneur. Ses 25 décorations sont exposées au Musée du Souvenir à Coëtquidan.

 

Maine Louis Philippe, né le 04.09.1830 à Mussidan en Dordogne ; son père est un ancien capitaine de l’Armée napoléonienne ; engagé le 21.12.1850 pour deux ans au 1er Zouaves à Alger ; rengagé le 25.04.1854 au 4e B.C.P. qui part à la guerre de Crimée ; blessé à la joue, il est fait chevalier de la Légion d’honneur à l’issue de la prise de la tour de Malakoff le 07.06.1855 ; il reçoit sa distinction le 26.04.1856 ; en Italie, il est adjudant et décoré après Magenta de la médaille de la Valeur militaire italienne ; il sert ensuite au 4e Régiment de Chasseurs à pied en Algérie ; il rend ses galons et s’engage en 1863 comme simple soldat à la Légion Etrangère ; caporal légionnaire, un des survivants de la 3e compagnie du 1er Régiment Etranger, lors du combat du 30.04.1863 à Camerone au Mexique. Le caporal Louis Philippe Maine, un des survivants, est nommé sous-officier puis sous-lieutenant le 30 août. Promu lieutenant, il rejoint le 3e de Marine le 26 novembre 1868, part en Cochinchine et, à son retour en France, participe aux combats de Bazeilles avec la 2e compagnie du III/3e R.I.M. Prisonnier à Sedan le 2 septembre, il s’évade le 18, gagne Bruxelles et rejoint la France. À Rochefort, il intègre les Francs-tireurs et organise une phalange de volontaires qu’il conduit au feu et gagne ainsi ses galons de lieutenant-colonel du 8e régiment de garde mobile de Charente inférieure. A la révision des grades, il ne conserve que ses galons de capitaine. Il effectue un séjour au 1er R.T.S. au Sénégal jusqu’en mars 1873. Il termine sa carrière le 30.11.1878 au 3e R.I.M. Officier de la Légion d’honneur. Décédé le 27.06.1893 à Douzillac en Dordogne. Son nom est donné à la 33e promotion de l’E.M.I.A. en 1994.

 

Marrero Francisco et Manuel, lieutenants-colonels, commandants une unité de cavaliers à Camerone en avril 1863 ; l’un des deux prend en charge le sous-lieutenant Maudet qu’il fait transporter jusqu’à l’hôpital de Huatusco.

 

Martinez Jesus, sergent au bataillon de la garde nationale de Cordoba ; préposé au commandement des porteurs de torche chargés d’incendier l’appentis du corral de Camerone, le 30.04.1863 vers quinze heures.

 

Maudet Clément, né le 08.08.1829 à Saint-Mars-d’Outillé dans la Sarthe ; Médaillé militaire après une brillante campagne de Crimée ; adjudant pendant la campagne d’Itale, sous-lieutenant légionnaire le 23.03.1860 ; porte-drapeau du Régiment ; blessé lors de la dernière charge des survivants de la 3e compagnie du 1er Régiment Etranger le 30.04.1863 à Camerone, à 18 heures. Décédé le 08.05.1863 à Huatusco au Mexique dans l’hôpital San Vicente, dirigée par Dona Juana Marrero y Gomez, sœur du colonel Francisco Marrero, qui a revendiqué la charge du sous-lieutenant.

 

Migoni y Frias, capitaine, commandant les deux compagnies de tête du bataillon de Vera Cruz , à Camerone en avril 1863.

 

Milan Francesco de Paula, né en 1821 ; avocat devenu chef de guerre ; colonel mexicain, chef des Troupes mexicaines des Terres Chaudes. Gouverneur civil et militaire de Vera-Cruz. Mort le 08.05.1883 à Xalapa.

 

Ochoa Pablo, petit fantassin mexicain ; vers 13 heures, le sergent Morzycki ajuste sa silhouette bleu et gris et appuie sur la détente ; il meurt en trois secondes, replié sur son tambour muet.

 

Ortega Jésus Gonzalez, né à Valparaíso dans le Zacatecas, le 20.01.1822 : militaire et homme politique mexicain ; governor of Zacatecas and actively participated next to Benito Juarez in the War of Reform and during the French intervention in Mexico . gouverneur de Zacatecas et participé activement à côté de Benito Juarez dans la guerre de la réforme et au cours de l' intervention française au Mexique . It was notable for defending the city of Puebla from the French army March 16, 1863 to May 16, 1863. Après sa victoire devant Puebla le 05.05.1862, il assiège les Français à Orizaba ; mais cette fois-ci, il subit un échec. Il est remarquable pour la défense de la ville de Puebla devant l'armée française du 16.03.1863 au 16.05.1863. Décédé le 28.02.1881 à Saltillo dans le Coahuila.

 

don Osario Juan, chef de l’escadron de lanciers réguliers de Cotaxla, partis de leur garnison de Cueva Pintada, à Camerone en avril 1863.

 

Redondo Raphaël, sous-lieutenant mexicain ; tué lors d’un assaut à Camerone le 30.04.1863.

 

Regnault, chef de bataillon, commandant du 1er Bataillon du Régiment Etranger à Chiquihuite en avril 1863 ; commandant par intérim le Régiment Etranger en l’absence du colonel Jeanningros, détaché à Véra-Cruz, au cours de l’été 1863.

 

Saussier Félix Gustave, né le 16.01.1928 à Troyes ; saint-cyrien de la promotion 1848-1850 ; sous-lieutenant puis lieutenant du 2e bataillon du 2e Etranger, blessé le 19.01.1854 dans le secteur d’Inkerman en Crimée lors d’une attaque des Russes, décoré de L’Etoile de l’honneur par le général en chef Canrobert ; grièvement blessé lors de l’expédition de la Grande Kabylie ; il participe aux combats de Magenta et Solferino ; il est promu officier de la Légion d’honneur au siège d’Oaxaca ; capitaine légionnaire, commandant la compagnie du Régiment Etranger, installée au lieu-dit Paso del Macho, entre Veracruz et Puebla, au Mexique, en avril 1863 ; promu commandant, chef du 1er bataillon du Régiment Etranger en 1865 lors de la prise de Monterrey. Lieutenant-colonel, il doit quitter la Légion pour le 41e de Ligne avec lequel il participe à la bataille de Metz comme colonel, chef de corps du 41e ; prisonnier, il s’évade à sa deuxième tentative ; promu général de brigade à la tête d’une division de l’armée de L’ouest en 1870 ; il commande la colonne de la Kabylie orientale dans la Soummam lors de la terrible insurrection de 1871 lors de la révolte du bachaga Si Mokrani ; général de division le 06.01.1878 ; en 1879, il commande le 19e C.A. ; comandant le 6e corps en 1880-1881 ; commandant en chef du corps expéditionnaire en Tunisie en 1881 ; ses troupes entrent à Gabès et à Gafsa ; il pacifie la Tunisie et le Sud algérien. Décoré de la Médaille militaire en 1882. Vice-président du Conseil supérieur de la Guerre et, à ce titre, généralissime désigné. Elevé à la dignité de Grand-Croix de la Légion d’honneur en 1887. Gouverneur militaire de Paris de 1894 à 1897. Décédé le 19.12.1905 au Château de Thimecourt à Luzarches.

 

de Talavera Francisco, commandant, chef du bataillon de la garde nationale de Cordoba pendant l’action, à Camerone en avril 1863 ; médecin dès que s’arrête le feu.

 

Teran Ismaël, colonel, commandant le bataillon de la garde nationale de Jalapa, à Camerone en avril 1863.

 

Vilain Jean Nicolas Napoléon, né le 03.08.1836 à Poitiers dans la Vienne ; un mètre cinquante-six sous la toise ; engagé volontaire en 1852 ; sorti du rang ; ancien élève du Prytanée militaire ; il s’engage au 2e Régiment Etranger le 27.05.1854 ; caporal le 08.06.1855 ; sergent-major le 01.12.1856 ; Légion d’honneur gagnée devant Magenta ; sous-lieutenant le 21.01.1863 ; affecté à la 3e compagnie du 1er Régiment Etranger ; officier payeur par intérim du Régiment ; tué le 30.04.1863 à Camerone, foudroyé d’une balle en plein front vers 14 heures.

 

Zaragoza, capitaine mexicain ; tué lors d’un assaut à Camerone le 30.04.1863.

 

 

 

 

 

 

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